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La Directe / Le Direct

Blessure d’enfance la plus proche : Injustice

Ton portrait

Quand quelqu'un te plaît, tu ne tournes pas autour du pot. Tu donnes tout, tout de suite, tu veux être avec lui tout le temps, et tu comprends l'autre avant qu'il ait fini sa phrase. Je connais bien ce profil : c'est une Ferrari. Et une Ferrari, c'est magnifique.

Je le connais d'autant mieux que je l'ai eu à la maison pendant cinquante ans. Sébastien, mon ancienne identité, coupait la parole à tout le monde parce qu'il avait déjà compris ce que les gens allaient dire. Ce n'est pas un défaut : c'est de la clairvoyance qui n'a pas encore appris à attendre.

Le seul risque, c'est d'aller si vite que tu ne vérifies pas si l'autre est prêt à t'accueillir. Tu offres tes câlins, ton affection, ta présence, tout ton amour d'un coup. Et l'autre recule, sans que tu comprennes pourquoi. Alors tu te sens rejetée, alors que tu n'as fait que donner.

Ce qu'il y a souvent dessous

Ce que j'ai vu en séance, chez celles qui aiment comme toi, c'est une tête qui a appris à aller plus vite que le corps et les émotions. La tête, c'est instantané. Le corps, lui, a son rythme : quand tu manges, quand tu fais l'amour, quand tu fais du yoga, il ne faut surtout pas aller trop vite. J'appelle ça la fracture entre l'instantané de la tête et le rythme du corps.

Souvent, dans l'enfance, il fallait être forte, tenir, ne pas pleurer. Alors la tête a pris les commandes, et elle a fini par croire qu'elle avait toujours raison. Elle dit : je suis prête, je suis prête tout le temps à donner de l'amour. Et c'est vrai, en général tu es prête. Mais le module qui manque, c'est celui qui regarde si l'autre, lui, est prêt.

Chez Stéphanie, qui me demandait pourquoi elle avait des difficultés pour tomber amoureuse, j'ai lu ceci : j'ai tellement besoin d'être aimée que je donne beaucoup d'amour tout de suite, et je n'ai pas le temps de voir si l'autre est prêt à recevoir. Sans qu'elle s'en aperçoive, quelque chose en elle envahissait l'autre, et l'autre fuyait. Ce n'était pas sa faute, ni celle des hommes qu'elle rencontrait. C'était un mécanisme caché, et un mécanisme, ça s'enlève.

Il y a aussi autre chose, que je te dis avec tendresse : quand il y a en toi une grande puissance de vie et d'amour, cette intensité fait peur à beaucoup de gens. Ce n'est pas une raison pour l'éteindre. C'est une raison de plus pour vérifier si l'autre peut l'accueillir, et pour lui laisser de la place.

La blessure d'enfance la plus proche

Avec mes mots : une enfant qui a dû être forte, qui s'est coupée de ses émotions pour tenir, et qui est devenue exigeante avec elle-même, et avec les autres. Souvent, dans la famille, l'amour ne se montrait pas, et il y avait quelque chose d'injuste dans la façon dont il était donné ou refusé.

Parmi les cinq blessures décrites par Lise Bourbeau, la plus proche de ce profil est l'injustice. C'est la blessure de celle qui a appris à ne rien ressentir pour ne pas être débordée, et qui compense en allant vite, en faisant beaucoup, en donnant tout. Ce n'est pas une étiquette : c'est une piste pour aller regarder, en douceur, ce qui s'est passé pour toi.

Ce que je te propose

Ce que je te propose, c'est d'apprendre à ralentir sans t'éteindre. Il n'y a aucun problème à avoir une Ferrari, surtout pour faire la course. Mais ce n'est pas parce que tu as une Ferrari que tu dois aller à fond tout le temps. C'est une force d'avoir un levier de vitesse plutôt que d'être toujours appuyée sur l'accélérateur. Et si, parfois, tu prenais le temps de regarder le paysage à vingt à l'heure ?

Concrètement : sentir dans ton corps, regarder si l'autre est prêt, et donner ensuite. Te connecter à lui et ressentir s'il est prêt à accueillir ton amour, tes câlins, ce que tu as à exprimer. Ça dépend du moment. Chaque personne est prête parfois, et pas prête d'autres fois, parce qu'elle est occupée ailleurs ou que ce n'est pas le moment. Être prêt ou pas, ça dépend de tout un tas de contextes.

Si l'autre est prêt, là, tu donnes tout ce que tu as à donner. Ce n'est pas grand-chose, et ça change tout. Parce que le forçage, même quand il part du cœur, ne peut pas être de l'amour. L'amour n'est pas une excuse suffisante pour envahir les autres.

Pour ton profil, ma recommandation serait de laisser les autres venir vers toi plutôt que d'aller vers eux, ou alors d'y aller doucement. Et en attendant que quelqu'un ait envie de s'abreuver à ta fontaine, tu peux rediriger cet amour infini vers toi-même, comme un câble que tu retournes. Tu rayonnes, comme le soleil, sans en faire une affaire personnelle. Tu ne perds rien, tu gagnes l'autre.

Les vidéos qui te parlent

Mes mots, en séance

« Ce n'est pas parce que tu as une Ferrari que tu dois aller à fond tout le temps, ma chérie. » — vidéo 15 « J'avais besoin de voir la fracture entre l'instantané de la tête et le rythme du corps. » — vidéo 15 « En fait, j'ai tellement besoin d'être aimée que j'ai tendance à donner beaucoup d'amour tout de suite, beaucoup d'affection, beaucoup de plein de choses. Et du coup, je n'ai pas forcément le temps de voir si l'autre est prêt à recevoir. » — vidéo 22 « L'amour n'est pas une excuse suffisante pour envahir les autres. » — vidéo 22 « Si l'autre, il est prêt à m'accueillir, là, je donne tout ce que j'ai à donner. C'est juste ça, ce n'est pas grand-chose en fait, mais ça change tout. » — vidéo 22

Ce que je viens de te décrire, c'est le dessus. Dessous, il y a presque toujours une peur ancienne, qui vient de l'enfance, et qui émet encore sans que tu le saches. C'est ce que je regarde dans le Profil Origine : je lis ton inconscient et je te dis ce que je vois, avec ton histoire et tes mots.

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